Cinq souhaits*

30.06.2010, von Danielle Decrouez, Museumsdirektorin, Genf

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En cette année internationale de la biodiversité, j’exprimerai cinq souhaits tout aussi importants l’un que l’autre, du moins à mes yeux:

  1. Que les liens entre la perte de la biodiversité et le changement climatique, la pollution et l’épuisement des ressources naturelles soient clairement reconnus, mis en évidence et pris en compte par les organes qui décident des mesures à prendre pour enrayer l’érosion du monde vivant. Le terme «biocomplexité» (C. Levêque et J.-C. Monoulou, 2001) traduit parfaitement cette interaction entre les entités biologiques et leur environnement physique et humain. Je citerai l’exemple de la déforestation, responsable d’une partie non négligeable des émissions de gaz carbonique: protéger les forêts est non seulement bénéfique pour l’environnement physique mais sauvegarde les espèces qu’elles abritent.

  2. Que les mots biodiversité et géodiversité deviennent des concepts indissociables. Géodiversité, un terme apparu dans les années 1940, ne couvre plus aujourd’hui le simple champ de la diversité géologique mais correspond à l’ensemble des éléments constituant l’environnement physique et influençant la diversité des biotopes, des écosystèmes et des paysages. Ainsi la diversité géologique est à la base de celle des écosystèmes et donc de la biodiversité. Et avec la nouvelle vision proposée par R. Hazen (Carnegie Institution, Washington) et ses collègues en 2008, à savoir une coévolution du monde minéral et du monde vivant, ne faudrait-il pas aussi prendre en compte les effets sur les minéraux des changements qui affectent la biodiversité?

  3. Que chacun soit conscient que toutes les espèces comptent pour l’équilibre de la nature. Je ne vais pas critiquer le fait que des organismes emblématiques (ours, panda, grand singe…) soient utilisés pour faire vibrer le cœur des gens (la biophilie selon E. O. Wilson, 1984) mais il y a un danger à ne considérer que des espèces cibles. Les musées et jardins botaniques ont un rôle à jouer, notamment en présentant des expositions qui présentent la faune et la flore locale et en proposant des prestations dont le but est de communiquer sur des espèces «peu médiatiques» ou considérées à tort comme nuisibles et inutiles par le profane. L’un des objectifs de nos institutions est d’apprendre à découvrir, faire aimer et respecter la nature, même celle tapie au fond des eaux croupissantes d’une mare.

  4. Que les musées d’histoire naturelle et les jardins botaniques, les derniers refuges des systématiciens (ils s’ajoutent à la liste des espèces menacées!), soient bien «protégés». Ces institutions sont des acteurs importants sur le vaste chantier scientifique de la biodiversité où beaucoup reste à faire. Elles gèrent les archives de la biodiversité et constituent des collections d’études indispensables aux spécialistes en systématique et écologie. Et leurs chercheurs produisent des travaux scientifiques qui contribuent à une meilleure connaissance de la biodiversité.

  5. Et que la biodiversité soit clairement définie (celle que nous voulons?) et que des objectifs réalistes pour enrayer son érosion soient fixés. Le terme polysémique biodiversité est tellement utilisé avec des sens différents que certains disent même qu’il n’a plus de signification (R.A. Lautenschlager, 1997, «Biodiversity is dead»), il est donc nécessaire de le préciser. Et le fait que peu de résultats aient été obtenus depuis le Sommet de la Terre en 1992 à Rio s’explique non seulement parce que les connaissances dans le domaine de la biodiversité sont insuffisantes mais peut-être parce que les objectifs étaient flous.

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